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Le Blogue des Jeunes… Écrire pour apprendre à écrire…

22082016Le blogue est un outil puissant pour améliorer l’écriture. Écrire dans un contexte réel permet aux élèves de mieux se préparer et d’avoir un plus grand public lors de la publication de leurs textes. Évidemment, il arrive à l’occasion qu’il y ait des erreurs. Les élèves sont en apprentissage (je le suis aussi) et si nous attendons qu’ils écrivent sans faire de fautes avant de publier, ils ne le feront peut-être jamais. Notre obsession avec les fautes d’orthographe est intéressante. Plusieurs personnes n’osent pas publier des textes, car ils ont peur de la critique. Je ne parle pas ici de commentaires sur Facebook qui dilapident la langue française, mais de textes informatifs ou des travaux de rédactions dans le but d’apprendre à mieux écrire. Je fais souvent l’allusion au tennis et à Eugénie Bouchard lors de mes conférences. Pour devenir une championne au tennis, Eugénie a dû pratiquer et participer à des tournois devant public. Elle a surement commis plusieurs erreurs, mais elle a quand même persévéré. Ses entraineurs lui ont donné des indications pour s’améliorer, mais par souci d’encouragement, ils ont surement débuté avec ce qui était le plus pressant. Ses défis lui ont été présentés un à un avec le souci de l’amélioration constante. Pourquoi ne serait-ce pas la même chose pour l’apprentissage de l’écriture ?

Le Blogue des Jeunes permet aux enseignants qui le désirent de permettre à leurs élèves d’écrire dans un espace sécuritaire et gratuit. Il n’y a pas de publicité et les textes sont répertoriés dans des catégories choisies par les élèves. De plus, il est possible pour un enseignant de suivre seulement les textes de ses élèves. Il est aussi possible pour les parents de s’abonner par courriel au compte de leur enfant et de recevoir des alertes lors de la publication de textes par ceux-ci. Il est possible de partager les textes sur les réseaux sociaux et de laisser des commentaires si l’auteur le permet.  Le blogue peut être utile autant en sciences qu’en histoire et en mathématiques.  Dans notre école, tous les enseignants ont le souci de l’apprentissage du français et pas seulement l’enseignant du cours de français.  Une procédure de publication est suggérée aux élèves et il est possible pour les élèves qui le désirent, que les billets soient en mode « brouillon » et non publié. À ce moment, un enseignant peut ensuite faire une procédure de vérification avant que le billet soit publié.

Pour créer des comptes, il suffit d’utiliser le bouton intitulé « Ouvrir un compte gratuit » dans la colonne de droite du Blogue des Jeunes. Par la suite, il suffit pour un enseignant d’entrer en communication avec moi pour définir les catégories de leur choix afin de commencer à publier. Plusieurs recherches démontrent l’impact du numérique sur les apprentissages.  J’aimerais attirer votre attention plus particulièrement sur celle-ci concernant l’utilisation des blogues en milieu scolaire.

En terminant, vous pouvez aller lire un ancien billet que j’ai écrit concernant 10 mythes concernant l’utilisation des blogues dans un cadre scolaire.

Au plaisir de lire les textes de vos élèves sur Le Blogue des Jeunes !!!

Les cybercarnets du CAHM ont dix ans…

billet1Mercredi prochain marquera le dixième anniversaire des cybercarnets du CAHM.  Suite à la publication de ce premier billet le 19 février 2004 et après quelques dizaines de milliers autres billets, où en sommes-nous avec l’utilisation des blogues en milieu scolaire ?  Difficile à évaluer.  Nous n’avons pas fait de recherche spécifique pour mesurer l’impact de cet outil dans la salle de classe.  Il existe même après dix ans, plusieurs mythes que j’ai essayé d’expliquer dans un billet précédent.  Est-ce que l’impact des blogues s’est fait sentir ?  Pour ma part, je ne peux que partager mes impressions.  Premièrement, écrire n’est pas une tâche de bas niveau.  Les élèves font difficilement des transferts avec les notions acquises pendant leur cours de français.  Ils trouvent difficile lorsqu’on leur demande de composer un texte, de résumer un article ou de donner leur opinion par écrit.  Plusieurs adultes trouvent aussi cela difficile.  Il ne faut donc pas se surprendre qu’au début de la publication de textes sur un blogue, les élèves écrivent moins.  Avec le temps, on peut voir qu’ils prennent de l,assurance et qu’ils écrivent plus et mieux.  Je prends par exemple le blogue de Guillaume qui démontre en quelques années que sont style d’écriture s’est indéniablement amélioré.  Voici 4 textes pris en ordre chronologique à partir de son blogue ; 1, 2, 3 et 4 .  Le blogue peut aussi être utilisé comme une sorte de portfolio scolaire où l<élève peut suivre le développement de es compétences.  Que dire des textes d’Élisabeth ; 1, 2, 3 et 4 ?  Il va s’en dire que ces deux élèves se sont améliorés en écriture avec le temps. Et c’est bien normal me direz-vous…  Avec le blogue, on peut voir les traces.  Est-ce que cette amélioration est causée par l’utilisation des blogues ?  Je crois que cet outil a renforcé l’apprentissage de l’écriture.  Personnellement, depuis que je blogue, j’écris mieux.  J’ai encore de la difficulté mais je suis plus à l’aise à m’exprimer par l’écrit et je crois qu’avec le temps, la structure de mes textes s’est améliorée.

Avec le projet d’Acadiepédia, le Blogue des jeunes et la nouvelle « Salle de rédaction du CAHM« , j’aie eu la chance de voir des textes de qualité.  Je crois qu’avec le temps, les enseignants voudront bien inclure l’utilisation des blogues dans leur pratique pédagogiques.  Ça prend du temps mais ça avance à petits pas…

Je termine ce billet en vous proposant de visionner une leçon sur les marqueurs de relations réalisée avec Sylvie Blain de l’Université de Moncton.  Sylvie a utilisé un billet d’une élève de 8e année pour démontre aux élèves participants à cette rencontre virtuelle, l’importance d’utiliser des marqueurs de relations pour améliorer leur textes.  Ainsi, les élèves on pu voir avec un exemple concret comment apporter l’écriture de leur texte à un autre niveau.  C’est donc possible de monter la barre un peu plus haut…

10 mythes concernant l’utilisation des blogues dans un cadre scolaire…

EugenieAvec mon travail comme mentor en application pédagogique de l’ordinateur (APO), j’ai eu à donner quelques formations.  De plus avec le développement du projet Acadiepédia, plusieurs enseignants me posent plusieurs questions sur l’utilisation des blogues scolaires.  Au CAHM, l’école que j’ai eu la chance de diriger pendant plus de 13 ans, les élèves bloguent depuis 2004.  Je suis encore surpris que dix ans plus tard, beaucoup d’enseignants ne connaissent pas encore le potentiel des blogues scolaires afin d’améliorer l’écriture et la lecture,  je dis souvent dans mes formations, pour enseigner à jouer au tennis, il faut expliquer comment jouer, il faut démontrer comment s’y prendre, mais pour devenir un joueur de calibre international,  il faut pratiquer.  Les blogues scolaires sont comme les terrains de tennis de l’écriture.  Ironiquement aujourd’hui, sur la page Facebook d’EugénieBouchard, celle-ci le confirme.  Il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer…

J’ai ce billet dans la tête depuis quelque temps, car beaucoup d’enseignants que je rencontre semblent avoir une idée négative de l’utilisation du blogue dans un contexte d’apprentissage de l’écriture.  Voici donc 10 mythes sur l’utilisation des blogues dans un cadre scolaire que je rencontre au cours de mes formations avec des enseignants…

  1. Les blogues sont trop compliqués pour les élèves…  Beaucoup d’enseignants croient que les blogues à l’école sont trop compliqués pour les élèves. Dans l’accompagnement que j’ai eu la chance de faire, je crois que les enseignants expriment ceci, car ils ne savent pas par où commencer. J’ai déjà et la chance de lire des billets d’élèves de 2e année (8 ans) . Ces billets étaient courts certes, mais appropriés pour leur niveau d’âge. Les élèves comprennent rapidement comment utiliser les blogues et réussissent à facilement utiliser cet outil de publication.  De plus les outils de publication comme la plateforme WordPress sont très intuitifs et faciles à utiliser pour les élèves.  Dans le cadre du projet Acadiepédia, j’ai réalisé une courte vidéo qui démontre comment publier un billet.
  2. Il faut attendre que les élèves soient meilleurs en écriture avant de publier… Si cela était vrai, les élèves n’auraient jamais la chance d’écrire sur un blogue.  Les élèves sont en apprentissage et bien souvent, certains enseignants ont peur qu’ils soient évalués sur les textes publiés de leurs élèves.  Lorsque les gens qui vont lire les billets, ils savent que ceux-ci sont rédigés par de jeunes élèves dans le but d’améliorer leurs aptitudes à mieux écrire, ceux-ci sont compréhensifs.  Lorsqu’on écrit en public, nous avons tendance à mieux nous préparer et à faire plus attention.  Pour s’améliorer au tennis, il faut avoir un entraineur qui nous explique comment jouer, qui nous démontre comment jouer, mais surtout qui nous donne le temps de nous pratiquer.  Impossible pour un joueur de tennis de s’améliorer sans pratiquer… Demandez à Eugénie Bouchard…
  3. Nous n’avons pas le temps de bloguer pendant le temps scolaire… Je comprends mal cette affirmation, car les élèves écrivent déjà en salle de classe… Du moins, ils devraient, non ?  Il suffit donc de créer un environnement où les élèves peuvent aller écrire en ligne le fruit de leur travail.  Il est important de développer un processus d’écriture qui comprend aussi une phase de publication.  Les billets d’élèves deviennent alors des copies types qui peuvent être intégrées dans l’enseignement pour se concentrer sur les erreurs communes et sur des moyens pour s’améliorer selon le niveau d’âge et des besoins des élèves.  Dans le projet d’Acadiepédia, nous avons un bel exemple d’une leçon sur les marqueurs de relations à partir de billets écrits par des élèves.
  4. Les blogues c’est pour les cours de français seulement… L’enseignement du français n’est pas la seule responsabilité de l’enseignant de français.  Voici donc une belle opportunité pour les enseignants tous sujets confondus de permettre aux élèves de partager leurs découvertes, de présenter des projets, de réaliser des rapports de laboratoire ou autre.  On peut par exemple en science, faire un résumé d’un article ou d’une nouvelle scientifique.  On pourrait aussi en Sciences humaines, présenter une recherche sur un sujet au programme d’étude.  Dans le cours d’anglais, on pourrait aussi créer un podcast en anglais afin de faire parler les élèves dans une langue seconde.  Les possibilités sont infinies.
  5. Les blogues sont dispendieux… Comme dans toute chose, il est possible de dépenser de l’argent pour avoir toute sorte de choses.  Les blogues ne font pas exceptions et certains services de blogues ne sont pas gratuits.  Par contre, plusieurs services blogues sont gratuits et permettent de s’initier à l’écriture en ligne facilement.  Il faut commencer par le début et s’initier à un service gratuit pour commencer.  Si avec le temps, l’envie de développer l’utilisation des blogues à plus grande échelle se fait sentir, il est possible de regarder à des services de blogues qui permettent de gérer plusieurs blogues à la fois.
  6. Les élèves vont recevoir des commentaires négatifs et même se faire intimider en ligne… Qui oserait aller écrire des commentaires négatifs en ligne ?  Dans mes 10 années d’utilisation du blogue scolaire, je n’ai eu qu’un incident et avec l’adresse IP du commentaire, nous avons pu retrouver le fournisseur internet que nous avons rejoint.  Celui-ci a fait le message à son client et nous avons vu apparaitre au bout de quelques jours un élève avec ses parents pour régler la situation.  Lorsque les élèves et les adultes savent qu’ils laissent une trace lorsqu’ils écrivent un commentaire, ils comprennent vite que les blogues ne sont pas une place pour écrire n’importe quoi.
  7. Les élèves sont trop jeunes pour bloguer… J’ai vu des élèves de 2e année bloguer alors s’ils sont bien encadrés, ils peuvent écrire et contribuer à développer un blogue scolaire.
  8. Nous avons besoin d’un blogue pour bloguer… Idéalement oui, mais en principe, ce n’est pas nécessaire.  En fait, un enseignant qui aimerait faire une expérience avec ses élèves, pourrait trouver un blogue d’une personne connue ou des billets écrits par des élèves d’autres écoles.  L’enseignant par la suite, identifie un billet spécifique et demande à ses élèves d’aller écrire un commentaire en ligne.  C’est une façon simple d’écrire dans un contexte de blogues scolaire sans avoir un compte.
  9. Nous avons besoin d’un ordinateur pour chaque élève avant de pouvoir bloguer… Ce serait bien, mais j’ai déjà vu des enseignants organiser l’espace de travail de leurs élèves avec 2 ou 3 ordinateurs.  L’horaire de classe était fait de telle sorte que les élèves pouvaient travailler à tour de rôle au courant de la semaine et compléter la rédaction de leur billet à leur rythme tout en complétant une feuille de route.  Un enseignant qui organise bien l’encadrement de ses élèves peut faire des miracles avec peu de moyens.  J’ai aussi vu des classes où les élèves avaient en tout temps accès à un ordinateur sans avoir d’occasions pour aller publier et où tous les élèves devaient faire leur travail comme un troupeau de moutons…
  10. Les élèves font du copier-coller lorsqu’ils publient…Oui c’est vrai s’ils écrivent leur billet dans Word ou s’ils utilisent un outil comme le « Bon Patron ».  En général, ils peuvent faire du copier-coller lorsqu’ils consultent des sites de références, mais apprennent vite que les enseignants peuvent retracer les sources de leurs recherches en ligne.  Il arrive aussi à l’occasion d’avoir des leçons de vie.  Je me rappelle un élève qui avait fait un beau poème de Noël et il avait reçu de bons commentaires.  Ceci à duré jusqu’à ce que l’auteur du poème lui laisse un commentaire pour lui dire qu’il avait copié ce poème à partir de sa page web tout en fournissant le lien.  Une belle leçon impossible à acheter au Wallmart…  Les élèves peuvent aussi copier en écrivant avec un crayon.  Il faut donc prendre le temps d’avoir une discussion honnête et en publiant sur un blogue, il y a plus de chance que l’utilisation du plagiat soit détectée plus rapidement.

billet1En terminant, l’utilisation du blogue scolaire est encore un outil méconnu de la plupart des enseignants et des parents.  Petit à petit, l’idée fait son bout de chemin.  Les élèves qui participent au Blogue des jeunes d’Acadiepédia tracent un peu la voie.  Avec le temps, j’espère que plusieurs enseignants verront le blogue comme une belle façon d’encourager le développement de l’écriture.

Ça fait dix ans, on ne lâche pas… 😉

 

Pourquoi bloguer en 2014 ?

12janv2014À la publication de mes premiers billets en mars 2004, j’étais bien loin de me douter que je serais encore à la tâche dix ans plus tard.  De plus, le billet de Patrick Giroux de la semaine dernière m’a amené à faire le point sur mon utilisation du blogue.  Patrick écrit et j’aime bien ; « Je considère ensuite comme une erreur d’avoir utilisé une communauté fermée. Je me suis ainsi privé des commentaires de plusieurs autres pédagogues réflexifs, des gens qui me lisent sur Google +, Twitter et PédagoTIC et qui auraient probablement pu émettre quelques idées et commentaires ou engager des discussions et des débats avec mes étudiants. Je pensais que ce serait plus facile pour les étudiants d’être entre eux… Mais je me suis retrouvé pratiquement seul à donner l’exemple et ça na pas été suffisant. »

Ce que partage Patrick est vrai.  Écrire en contexte fermé ne permet pas les échanges à grande échelle.  Même si peu de personnes laissent des commentaires, les rapports de statistiques nous montrent que les gens viennent faire leur tour.  J’écris depuis une dizaine d’années, mais la cadence et le rythme n’a pas toujours été le même.  Au début, j’étais beaucoup plus excité de partager mes découvertes et réussites sur mon blogue.  Je me questionnais (et me questionne encore… ) sur les meilleures façons de faire dans l’administration d’une école et de l’enseignement.  Plus particulièrement, l’utilisation des nouvelles technologies me passionne et je trouve important comme le dit bien mon ami, Mario Asselin, de laisser des traces.  Par contre on réalise assez rapidement que ceci peut s’avérer difficile.  J’ai écrit quelques billets incendiaires dans le passé.  Pas beaucoup, mais assez pour me mettre à dos quelques personnes du système qui ont préférés ne pas m’en parler ou du moins de ne pas vouloir me donner leurs avis.  J’ai peut-être été naïf ou brave, mais peu importe, j’étais en questionnement et je le suis toujours…

Le début de l’année 2014 annonce pour moi aussi, l’envie de continuer à nourrir mon blogue et de partager mes trouvailles.  Je tiens aussi à réfléchir sur mes actions professionnelles et sur le chemin que j’essaie de suivre de mon mieux.  Mon travail de mentor me permet de voir toutes sortes d’expériences dans plusieurs écoles avec plusieurs enseignants.  Cette expérience me donne aussi du carburant pour retourner à la direction en septembre prochain.  Mon expérience professionnelle me permet de prendre des risques calculés, mais en ayant toujours le même désir soit d’offrir les meilleures situations d’apprentissages possibles pour mes élèves.  Le Colloque Clair2014 s’en vient à grands pas et là encore, j’aime bien d’avoir la chance de contribuer à l’organisation à une rencontre très signifiante pour ceux et celles qui veulent y être.  Voir l’éducation autrement veut aussi dire « Faire l’éducation autrement »…

L’utilisation du blogue en milieu scolaire demeure pour moi encore le meilleur moyen d’améliorer comment on écrit.  Je n’ai qu’à lire quelques-uns de mes premiers billets pour me le rappeler.  C’est en écrivant que j’ai amélioré la manière que j’écris.  J’ai encore beaucoup à apprendre, mais si j’attends d’être parfait avant d’écrire, je n’écrirai jamais…

C’est le même message que je transmets aux centaines d’élèves que j’ai eu la chance de rencontrer au cours des dix dernières années et à ceux et celles que j’ai la chance de rencontrer maintenant dans le cadre du projet d’Acadiepédia.  On dirait qu’à l’école, écrire est une tâche de haut niveau ou de haut de gamme (comme dirait Rosée Morissette).  On enseigne le français évidemment, mais lorsqu’on demande aux élèves de rédiger un texte, on est souvent étonné de voir qu’ils ne font pas de transferts entre les enseignements reçus et l’écriture du texte.  Pire encore, lorsqu’on leur demande de faire la synthèse d’un article ou de défendre leur opinion, on se surprend à constater qu’ils ne savent pas par où commencer.  J’ai vu plusieurs élèves s’améliorer au fil des ans grâce au blogue.  Par exemple le billet suivant d’un élève de 3e année et un autre billet du même élève en 8e année.  On peut évidemment se demander si c’est le blogue qui a permis cette amélioration.  Sur papier, nous n’aurions plus de traces de l’évolution de cet élève.  Grâce au blogue, nous avons un portfolio électronique qui permet à un enseignant de voir la progression de son élève.  Mais plus important encore, le blogue permet à l’élève de suivre sa propre progression.  On oublie souvent en classe de faire de l’objectivation ou au moins de prendre du temps pour revoir ce que nous avons accompli.  On court souvent comme des poulets sans têtes à bien vouloir terminer le programme, se préparer pour les examens du ministère, évaluer et tout faire ce qu’il doit être fait au quotidien dans la gestion des groupes-classes.  Écrire trouve difficilement sa place.  Les élèves vont écrire des textes bien évidemment, mais l’échange se fait généralement entre l’élève et son enseignant.  Celui-ci doit bien souvent limiter le nombre de textes à écrire, car il ne peut pas tout corriger.  J’entends souvent des enseignants qui ne permettent pas à leurs élèves de bloguer, car ils n’ont pas le temps.  Je les entends aussi souvent me dire qu’ils voient ceci comme une tâche supplémentaire et qu’ils ne pourront pas corriger tout ce que les élèves écriront.  Je me demande alors pourquoi tout devrait être corrigé ?  Que veulent-ils me dire réellement ?  On apprend à écrire en écrivant…écrivons… Non ?

Je termine en voulant continuer mes efforts pour développer une communauté d’élèves qui prendront le risque d’écrire en public à leur niveau et selon leur niveau d’âge.  Le Blogue des jeunes d’Acadiepédia et la Salle de rédaction des élèves du Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska sont de beaux exemples de réussite à mon avis.  Bien que le blogue n’ait pas encore la cote dans la plupart des écoles, j’ose croire que le nombre grandissant d’enseignants qui cherchent des solutions pour amener leurs élèves à écrire mieux, se tournera vers à ce moyen (et ça reste un moyen…).  S’il y a une chose que j’ai apprise au cours de ces dernières années est que c’est bel et bien l’enseignant(e) qui fait la différence.  La direction a beau donner tous les outils, faire toutes les suggestions possibles et donner la formation requise, si l’enseignant(e) n’y voit pas une valeur ajoutée, le blogue ne sera pas utilisé en salle de classe.  Ceci revient à nous poser la question à savoir ce que croyons ce qu’est l’apprentissage. Si on croit que les élèves apprennent seulement en écoutant, cela se reflétera dans nos pratiques.  Je crois que pour apprendre, il faut écouter, mais on doit aussi démontrer, mais encore mieux, on doit pratiquer.  Pour devenir une championne internationale au tennis, on a beau demander au joueur de nous écouter et de lui démontrer les meilleurs coups possible, rien ne remplace l’importance de pratiquer sur le terrain.  Un bon enseignant tout comme un bon entraineur sait bien doser les besoins d’écoute , de démonstration et de pratique.  Les blogues sont les terrains de tennis de l’écriture.  C’était vrai dix ans passés et c’est encore vrai aujourd’hui…

Alors pourquoi bloguer en 2014 ?  Pourquoi pas…  Bonne continuation !!!

 

Acadiépedia; Prendre sa place sur le web…

Capture d’écran 2013-09-29 à 22.03.12Avec mon nouveau travail, j’ai la chance de développer un projet d’utilisation des outils du Web 2.0, du développement de l’écriture et du développement de la pensée critique.  C’est ainsi que le site Acadiepédia.com a vu le jour.  Le site  n’est qu’à ses premiers balbutiements.

Les élèves de toutes les écoles du district scolaire francophones du Nord-Ouest (DSF-NO) seront invités à contribuer sur un blogue où ils pourront partager leurs passions, leurs intérêts et leurs recherches.  Ce projet s’inscrit dans le plan annuel du DSF-NO pour le développement de la littéracie et de développement de l’identité culturelle.

Ce matin, j’ai eu la chance de rencontrer 7 jeunes de la 6e à la 8e année qui ont commencé à écrire.  Ils ont appris les rudiments de base de la plateforme WordPress.  N’hésitez pas à les encourager à continuer à écrire.  Écrire plus, écrire mieux…  Vous pouvez prendre connaissance de leurs textes en consultant le blogue officiel.

Demain, je rencontre des élèves de la Polyvalente A.J Savoie de St-Quentin pour leur donner une initiation aux blogues.  Vendredi je serai à Clair et l’école Sacré-Cœur de Grand-Sault lundi prochain.  Les entreprises ou organisations qui aimeraient aider au développement de ce projet peuvent communiquer directement avec moi.  Le site Acadiepédia.com se veut donc un plateforme qui permettra aux jeunes de présenter leur Acadie dans le cadre du Congrès Mondial Acadien (CMA) de 2014.  Le projet est expliqué plus en détail sur ce wiki collaboratif.

À suivre…

Éléments d’un continuum langagier et référentiels en lecture et en écriture pour la maternelle à la douzième année…

Suite à ma formation pour la trousse de littératie, je vous partage quelques ressources découvertes et utiles. La trousse vient avec les droits de reproduction où on peut lire ;
Autorisation et reproduction
Sauf indication contraire, l’information contenue dans ce document peut être reproduite, en totalité ou en partie et par tout moyen, sans frais et sans autre autorisation du Conseil des ministres de l’Éducation (Canada), pourvu qu’une diligence raisonnable soit exercée de manière à assurer l’exactitude de l’information reproduite, que le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) soit identifié comme étant la source de l’information et que la reproduction ne soit pas présentée comme une version officielle de l’information reproduite ni comme ayant été faite en association avec le Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) ou avec l’approbation de celui-ci.

Les enseignants et enseignants francophones du Nouveau-Brunswick recevront une copie de cette trousse mais en attendant, quelques ressources peuvent nous aider directement en salle de classe.







Trousse en littératie du Conseil des ministres en éducation du Canada

Je participe aujourd’hui à une formation sur une trousse de littératie pour favoriser l’oral, la lecture et l’écrit. Voici donc une copie de mes notes ;
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Cette trousse en littératie veut développer les compétences des élèves francophones à l’oral, en lecture et en écriture. Cette trousse a vu le jour dans le cadre du PPCFLP (Projet pan canadien de français langue première). Ce n’est donc pas une trousse de francisation. La trousse veut que les enseignants développent des pratiques réflexives adaptées en milieu minoritaires et pour outiller les enseignants. Elle permet à l’élève de développer une meilleure estime de soi et son rapport à la langue et de démontrer que le français n’est pas seulement une langue scolaire. Elle veut aussi développer chez les élèves un pouvoir sur ces méthodes de travail et son contrôle de la langue. La trousse propose des champs d’intérêts pour chaque tranche d’âge et pour élaborer des tâches en fonction des motivations de l’élève.
Communication orale
La parole est plus facile si le climat est bon. Souvent on a tendance a moins mettre de temps à développer un climat propice et à aller directement aux programmes d’études. Nous sommes des humains et la prise de parole est importante. Si on veut que les élèves prennent la parole, on doit développer un climat propice tout en gardant une bonne structure. C’est de cette façon qu’on développe l’échafaudage et que les élèves puisse mettre en application des stratégies pour s’améliorer.
Comment sait-on si on a apprit si nous ne pouvons pas le dire en mot ou à l’écrit ?
L’élève doit maîtriser la prise de la parole. Souvent en écrivant, on arrive a mettre sur papier des choses que nous n’aurions pas pu dire, on peut comprendre l’importance de l’expression orale.
« L‘aisance à l’oral, la facilité de communiquer, d’argumenter à l’oral et un facteur essentiel de la réussite sociale et professionnelle, alors que l’inverse explique bien des échecs » G. Beaulieu
Comment peut-on promouvoir la communication orale chez nos élèves ?
Est-ce que ceci doit seulement avoir lieu pendant les cours de français ?
Est-ce qu’on transmet des connaissances ou est-ce que nous réussissons à placer les élèves en réflexion et en apprentissage social ?
De quelle façon je vais m’organiser dans ma salle de classe pour que les élèves s’améliorent à l’oral ?
On manque de connaissance pour développer l’oral comme objet d’apprentissage. Une façon de travailler l’oral selon la recherche serait d’utiliser des séquences didactiques. On lui donne un sujet, l’élève s’enregistre, s’écoute, voit ses défis et reprend afin de s’améliorer.
« La maîtrise du langage est, dans la société actuelle, un facteur de sélection »… « chacun a le droit de parole, toutefois ce droit n’est effectif que pour ceux qui savent le prendre et le tenir » Charmeux(1998) (Apprendre la parole)
« La langue est la véritable colonne vertébrale des apprentissages, le savoir des savoirs, la porte qui ouvre aux autres disciplines… » J. Lang (2000)

Voici les quatre fonctions du bon questionnement (O. Maulini):
1. Pour contrôler et l’évaluer (questions d’examen posées pour apprécier ce qui a été appris) ;
2. Pour créer l’ignorance et la dévolution du questionnement (questions posées
pour interpeller l’élève en le confrontant à son ignorance et en tentant de susciter
son intérêt, afin que la dévolution opère et qu’il accepte de jouer le jeu de confronter
son ignorance) ;
3. Pour guider et faire progresser (questions du maître qui permettent d’orienter, de guider,
d’encadrer ou de focaliser l’étude et de diminuer d’autant l’état d’ignorance ou
d’étonnement) et
4. Pour faire exprimer et produire (questions qui invitent l’élève à s’exprimer, à émettre
des hypothèses, à partager ses impressions et ses réflexions)
Vygotski affirmait que « le développement de la pensée est déterminé par le langage, c’est à dire par les outils linguistiques et par l’expérience socioculturelle de l’enfant. ». Par conséquent, il est impératif de considérer l’enseignement de la communication orale au même titre que celui de la lecture et de l’écriture.
Suggestion d’activité : On donne une leçon et on demande aux élèves d’écrire se qu’ils ont retenu. On leur demande pas la suite de parler avec un autre élève et de prendre en note ce qui manque à leur description. L’élève explique aussi ce qu’il a écrit. On refait cette partie avec des équipes de quatre élèves. Lorsque l’élève a eu la chance de l’expliquer au moins trois fois, il y a plus de chance de retenir l’information. On demande par la suite aux élève à quel stade il auraient aimé être évalués… Les chances sont que l’élève a accumulé plus d’information et une meilleur connaissance de la leçon… (Idée de l’auteur Marcia Tate ).

Les blocs de littératie

J’ai eu la chance de participer aujourd’hui à une formation sur les blocs en littératie. L’animation offerte par Marie-Josée Long Agente pédagogique et Lyse Moisan, coordonatrice en littératie du district scolaire 3.
Dans un bloc de littératie, l’enseignant titulaire consacre entre 90 à 120 minutes par jour à l’enseignement de la littératie ) lecture, écriture et communication orale). L’efficacité de cette approche se trouve accrue si ce temps ciblé est ininterrompu. Dans la mesure du possible, à l’intérieur d’un bloc de littératie, l’enseignant favorise l’interdisciplinarité. L’école peut décider d’exploiter les services intégrés dans le bloc de littératie.
Selon la documentation offerte par les animatrices, le bloc favorise l’approche équilibré en littératie dans laquelle il tient compte des liens existant entre les trois composantes fondamentales ; la lecture, l’écriture et la communication orale et ce à travers toutes les matières. Ces trois composantes façonnent ensemble les compétences de l’élève en matière de littératie et l’aidant à atteindre un but commun qui est la production du sens.
Sur une base quotidienne, les blocs de littératie permettraient ;
– d’exploiter les composantes d’un programme de littératie équilibré (lire, écrire et communiquer);
– de s’engager activement et d’établir des liens entre les diverses connaissances;
– de développer davantage ses compétences en littératie;
– d’étudier et de s’engager dans les sujets en profondeur;
– de se livrer à des questionnement;
– d’appliquer son apprentissage à des nouveaux contextes.
On peut intervenir de différentes façons mais selon les recherches, on peut développer dans son école les blocs de littératier et les services intégrés. La différence entre ces deux approches sont;
Bloc de littératie :
– Enseignant titulaire;
– 90 à 120 minutes en littératie (lecture, écriture et communication orale)
– un temps ininterrompu;
– Favorise l’interdisciplinarité;
– À partir de l’évaluation diagnostique ou formative. L’enseignant planifie l’enseignement et l’apprentissage selon les besoins;
– Évaluation continue;
– Favorise L’enseignement explicite des stratégies et des processus d’apprentissage en littératie.
Services intégrés :
– Regroupement de plusieurs professionnels qui travaillent en concertation selon les besoins des élèves;
– Planification de l’enseignement et l’évaluation continue pour 4 à 6 élèves
– Favorise l’intervention intensive et la répartition de services selon les besoins urgents;
– Intervention en classe;
– Établissement d’un horaire flexible.
Idéalement, on devrait faire les deux à notre école; Les blocs de littératie et les services intégrés.
Étape 1 : Portrait de classe et de l’école
Étape 2 : Répartition des services selon les besoins urgents des élèves et intervention intensive
Étape 3 : Planification commune avec un travail de concertation.
Pour la planification de l’horaire, il est important de prioriser les blocs de littératie afin de ne pas avoir de l’interruption pour les cours de musique et en éducation physique. Il faut s’occuper de la flexibilité.
Selon les recherches, l’apprentissage soutenu et continu dans lequel l’enseignant consacre 2 heures par jour permet à l’élève de développer en profondeur des compétences en littératie. Les tentatives de couvrir de nombreux sujets sont susceptibles d’entraver l’apprentissage. Les périodes dédiées à l’apprentissage doivent donner aux élèves assez de temps pour approfondir la matière.
L’enseignement des stratégies et des processus d’apprentissage en littératie sont enseignés de façon explicite. L’enseignement explicite c’est d’enseigner de manière à expliquer, décrire et modeler des tâches. Cela inclut la métacognition et le modelage à voix haute qui permet aux élèves de mieux comprendre. On dit tout haut ce qui se passe cognitivement dans ma tête. Si on veut que les élèves fassent comme on pense, il faut leur expliquer explicitement. On peut par exemple faire de l’enseignement explicite pour enseigner la fluidité, les stratégies de lecture, les stratégies d’écriture, les types de question, le processus d’écriture. On peut faire du modelage, la pratique coopérative, la pratique guidée et la pratique autonome.
On fait l’enseignement explicite en 3 étapes ;
– Expliquer : Quelle est la stratégie
– Décrire : Quand utiliser la stratégie
– Modeler : Comment utiliser la stratégie.
La métacognition provoque des prises de consciences, amène l’élève à s’auto évaluer, à verbaliser sa réflexion et permet le transfert. C’est l’élément important dans les blocs de littératie.
Selon Marzano (2003), les écoles doivent déployer des efforts afin de communiquer l’importance du temps de travail en classe qui ne devraient être interrompu que dans des circonstances exceptionnelles…Le caractère sacré du temps d’enseignement peut être communiqué de diverses façons :
– fournir aux enseignantes et aux enseignants une affiche qu’ils peuvent accrocher à la porte de la classe afin d’éviter les interruptions;
– réduire ou éliminer la diffusion des annonces;
– désigner certaines périodes de temps réservées au travail en classe en tant que « temps d’apprentissage scolaire » pour faire comprendre aux élèves qu’ils devraient leur accorder une plus grande attention.
Pour planifier l’horaire de l’école ;
– Il faut donner la priorité aux blocs d’apprentissage lors de la planification de l’horaire;
– Les blocs d’apprentissage ne doivent pas être interrompus. La période de planification devrait avoir lieu en dehors des blocs de littératie et de numératie.
– Il est important de planifier l’horaire à rebours.
Les activités prévues dans les blocs d’apprentissage devraient servir à optimiser le rendement des élèves :
– Période d’apprentissage prioritaire;
– Emploi du temps souple;
– Planification concertée;
– Intégration pluridisciplinaire.
On peut pendant ces blocs, présenter différentes situations de lecture et d’écriture telles que;
– Situations de lecture : Lecture aux élèves, lecture partagée, lecture guidée et lecture autonome.
– Situations d’écriture : Écriture aux élèves, Écriture partagée, écriture guidée et écriture autonome
Les pistes d’interventions pédagogiques à considérer sont selon Allard et Landry (2002, Analyses PIRS de 1994 et de 1998) ;
– L’enseignement explicite des stratégies cognitives et métacognitives.
– La compréhension du fonctionnement du cerveau
– Les approches fondées sur la motivation intrinsèque et l’intérêt des élèves
– Les technologies de l’information et des communications
– Rédiger régulièrement
– Développer le processus d’écriture (révision, planification et rédaction)
Il faut aussi montrer aux élèves à faire la différence entre les types de question par rapport à un texte ;
– Identification (Juste là dans le texte)
– Inférence (Pense et cherche)
– Réaction (L’auteur et toi, toi seulement)