Une rentrée scolaire sous le signe de la cybersécurité…

tech-group-meeting-flatlay_925xUne nouvelle année scolaire se pointe à l’horizon et pour plusieurs enseignants et directions d’école, cette première semaine est utilisée pour planifier et organiser la rentrée officielle des élèves qui est prévue la semaine prochaine.  L’occasion est idéale pour définir des priorités et pour décider des orientations à prendre au cours de l’année pour ce qui est de l’organisation des activités d’apprentissage, du style d’enseignement préconisé, des projets à envisager et des nouvelles approches à tenter.  Plusieurs enseignants incluent déjà l’utilisation des outils technologies en salles de classe et d’autres seront tentés d’essayer leur utilisation à petite dose.  Ce qui est important dans toute cette préparation est de prendre du temps et de se demander ce qu’on fera et comment on pourra le faire.  Les enseignants sont les meilleures personnes du système pour décider de la meilleure manière possible pour arriver à présenter les objectifs des programmes d’études selon les ressources disponibles et les possibilités qui sont mises à leur disposition.  Les directions d’écoles doivent de leur côté, donner les outils requis pour que les enseignants puissent y arriver.  Cela veut dire de mettre en place une culture de collaboration efficace, de donner les outils qui permettront aux enseignants de réussir l’atteinte de leurs objectifs et de suggérer au besoin des façons de faire qui respectent les nouvelles recherches en éducation et qui permettent de faire autrement.

De mon côté, je pourrai travailler à développer différentes initiatives pour les enseignants et les élèves du Nouveau-Brunswick en matière de cybersécurité.  C’est l’un des mandats de CyberNB et en plus d’outiller le monde de l’éducation, j’aurai à faire connaître les différentes possibilités de formation et d’emplois dans ce domaine.

L’utilisation des nouvelles technologiques à l’école prend de plus en plus de place et en dépit de différents articles déprimants qu’on  peut lire, beaucoup d’enseignants font une utilisation judicieuse de celles-ci.  En éducation, le modèle d’utilisation le plus souvent cité est le S.A.M.R.[1] développé par Ruben Puentedura.  En gros, l’idéal est de passer d’une phase d’amélioration vers une phase de transformation.

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(source de l’image)

Il existe selon moi deux enjeux de tailles pour les enseignants.  Premièrement, l’utilisation judicieuse des nouvelles technologies dans un contexte scolaire doit se faire de manière sécuritaire et il est difficile de demeurer à jour avec le flux incessant de changements dans ce domaine en éducation et dans notre société en général.  Bon nombre d’enseignants se sentent dépassés par la rapidité de ces changements et l’accélération de ceux-ci.  Dans son livre « Thank you for Being Late »[2], l’auteur Thomas L. Friedman croit qu’il y a une grande différence entre l’accélération des changements et notre habileté à développer des systèmes d’apprentissages, de formation, de gérance, de protection sociale et de réglementation par les gouvernements.  La grande difficulté provient du fait qu’il est difficile de maximiser l’utilisation de ces nouvelles technologies tout en minimisant les chocs et les impacts négatifs sur la vie des gens.  Freidman suggère même que ceci constitue présentement le plus grand défi de tous les gouvernements de tous les pays.

L’an dernier alors que j’étais à la direction du Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska (CAHM), un élève est venu me voir pour me signaler qu’un de ses contacts sur un réseau relationnel lui avait mentionné qu’il voulait se suicider.  Il ne le connaissait pas personnellement et il savait que cette personne habitait quelque part au Québec.  Le site discordapp.com est un service de chat vocal et plusieurs jeunes l’utilisent afin de partager des ressources sur des jeux vidéo ou pour apprendre à réparer des problèmes informatiques de toutes sortes.  Souvent, l’outil peut aussi être utilisé pour faire part de messages de toute sorte.  Je dois avouer que rien ne m’avait préparé à répondre efficacement à cette situation.  Nous accompagnons les élèves dans leur appropriation des nouvelles technologies et nous voulons leur montrer le bon exemple.  Nous avons commencé par essayer de trouver l’identifiant de cet utilisateur et avons envoyé un billet directement sur le site pour signaler cet incident.  Évidemment une réponse automatique nous a prévenus que nous serions probablement contactés dans les prochaines 24 heures et que si nous étions inquiets, il fallait communiquer avec les autorités concernées.  De là, nous avons contacté les services de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).  La personne qui a reçu notre appel ne semblait pas connaître ce site et avec le peu d’information que nous pouvions lui fournir, ne semblait pas pouvoir trop nous aider.  Le lendemain, mon élève a reçu une seconde communication de cette même personne qui encore une fois, a fait le même message.  En lui posant quelques questions, il a réussi à avoir son vrai nom et sa ville de résidence.  Comme il était tard le soir, j’ai suggéré à mon élève de partager ces informations à sa mère et de décider ensemble s’ils sentaient que c’était assez urgent pour appeler la GRC à nouveau.  De mon côté avec le nom de l’élève, j’ai réussi à le retrouver sur Facebook et à contacter sa mère qui faisait partie de ses amis.  Le lendemain, la mère me confirma par le service Messenger que les policiers étaient intervenus et que son fils aurait l’aide requis.  Voici un exemple qui se termine bien.  Par contre comme enseignant et direction d’école, il est souvent difficile de savoir vers qui se tourner pour savoir ce qui est mieux à faire dans une telle situation.  Mon élève a appris à faire confiance, à en parler et à demander de l’aide.  J’ai appris qu’en prenant le temps d’évaluer la situation et en informant les policiers, il était possible d’aider des personnes qui ont besoin de notre aide.

Dans son livre, Thomas L. Friedman explique qu’à partir de 2007 tout est devenu plus rapide avec l’émergence de différentes plateformes collaboratives comme Facebook, Twitter et l’apparition du iPhone.  Plusieurs nouvelles entreprises sont nées et celles-ci ont réinventé la manière que les gens pouvaient communiquer, créer, collaborer et penser.  Friedman explique que la technologie se renouvelle aux quatre à cinq ans, mais que généralement les gens ont besoin de dix à quinze ans pour absorber et comprendre ces nouvelles technologies et pour créer des mécanismes de sécurité et de régulation.  Ceci est un immense problème pour notre société et aussi pour les enseignants, les élèves et leurs parents.  Les gens en général ne peuvent pas suivre le rythme des changements, car les technologies avancent plus rapidement que l’adaptation de ceux-ci.  Freidman illustre cette idée par un graphique comparant l’adaptation des humains et les changements en technologie de la manière suivante ;

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(Source de l’image)

Mon travail chez CyberNB me permettra donc d’effectuer une veille technologique sur des outils disponibles pour les enseignants et les directions d’école.  J’ai déjà commencé en créant une page avec des liens facilement accessibles.  Avec mon blogue, je pourrai partager mes trouvailles, donner des suggestions et attirer l’attention sur des pratiques responsables et efficaces en matière de cybersécurité.  Un autre volet de CyberNB est de faire découvrir ces pratiques éprouvées aux élèves de la province et de faire connaître les nouveaux emplois et formations offertes dans le domaine de la cybersécurité.  Le Nouveau-Brunswick est en train de se positionner comme leader dans ce domaine[3] et il sera important d’attirer des personnes dans ces domaines afin de fournir à la demande de main-d’œuvre en matière de cybersécurité.  Pour plusieurs personnes, ces possibilités d’emplois sont méconnues, qu’elles existent en français et qu’elles ne semblent pas disponibles dans notre province.  Ce sera une partie de mon travail de démystifier le tout.

Je veux aussi au courant des prochains mois, faire connaître les MOOC (Massive Open Online Course, aussi appelé CLOM en français pour Cours en ligne ouvert aux masses) au sujet de la cybersécurité.  Je suis présentement un MOOC en français avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)[4].  La formation est gratuite et se fait en ligne à tout moment.  Les informations traitées sont pertinentes et permettent de se faire une vue d’ensemble de l’importance et du potentiel de la cybersécurité.  Personnellement, j’apprends beaucoup… Je crois que le potentiel des MOOC est méconnu et qu’il représente un excellent modèle de formation continue.  D’autres modèles sont aussi disponibles.  Mon ami Jacques Cool a développé en compagnie de collègues une excellente offre d’accompagnement et de formation continue en ligne avec le Cadre21[5]. Là aussi, les possibilités sont immenses.  Je crois que ces initiatives gagnent à être connues et à être partagées.

C’est donc sur une suggestion d’inclure la cybersécurité dans notre approche de l’enseignement et l’utilisation des nouvelles technologies que je vous invite à débuter l’année scolaire 2018-2019.  La littératie numérique a sa place en éducation et nous devons y consacter du temps.  C’est ensemble et en partageant que nous pourrons nous adapter plus rapidement aux nouvelles réalités des changements technologiques.  C’est ensemble aussi que nous pourrons apprendre et nous mettre en réseau afin d’utiliser efficacement ces outils technopédagogiques en classe avec nos élèves.  Je vous invite donc à vous abonner à mon blogue par courriel ou à me suivre sur Facebook, Twitter ou LinkedIn.  C’est de cette façon que je partagerai mes découvertes et que je pourrai vous inviter à participer à cette conversation.,

Je vous souhaite une excellente année scolaire 2018-2019.  Que celle-ci vous apporte plein de nouveaux apprentissages, de belles expériences positives et qu’elle vous donne la chance d’accompagner pleinement les élèves dont vous aurez la chance de côtoyer.

Notes ;

[1] https://ecolebranchee.com/2013/09/09/le-modele-samr-une-reference-pour-lintegration-reellement-pedagogique-des-tic-en-classe/

[2] http://www.thomaslfriedman.com/thank-you-for-being-late/

[3] http://www.acoa-apeca.gc.ca/fra/Agence/SalleMedias/Communiques/Pages/5029.aspx

[4] https://www.ssi.gouv.fr/

[5] https://www.cadre21.org/developpement/formation/

 

(Source de l’image au début du billet)

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