Et si pour réussir, il fallait quitter l’école…

J’ai bien cherché pour le meilleur titre possible pour ce billet, mais maintenant que j’ai votre attention, n’ayez crainte, je ne ferai pas la promotion du décrochage scolaire. Bien au contraire, je crois plus que jamais que la place de l’école est primordiale pour l’emanticipation des jeunes qui auront à prendre une part active dans la société et pour y apporter des contributions significatives.  Pour mieux comprendre mes propos, je vous suggère de lire et de faire les pauses requises pour regarder les vidéos avant de poursuivre votre lecture de mon billet.

Une semaine déjà que le Colloque Clair2016 s’est terminé et depuis à chaque jour, nous retrouvons des articles de participants qui veulent partager leurs expériences et qui veulent laisser des traces de leurs passages.  Ce matin un article de Mathieu Lang m’a fait beaucoup de bien et au même moment, ma fille étudiante dans un CÉGEP à Québec m’envoie un lien m’invitant à regarder la vidéo suivante.  Elle me mentionne que celle-ci fait beaucoup réagir présentement surtout aux États-Unis.

Je me suis rappelé en la regardant l’excellente vidéo de Stephen Downes intitulé « Will We Need Degrees and Certificates ?

Stephen avait présenté une excellente conférence à Clair2012.  Celle-ci est toujours disponible ici. On peut retrouver plusieurs exemples de personnes qui ont réussit sans avoir terminé leurs études secondaires et qui ont réussit leur vie.  Dans une autre vidéo, Stephen explique comment se préparer à une vie éduquée et comblée.  Sa réponse est évidente ;

 
« Est-ce qu’un diplôme universitaire est encore important pour réussir en 2016 ? »  C’est une question pertinente.  Nous pourrions aussi la reformuler ainsi « Est-ce que l’école prépare les élèves à bien réussir leur vie ? »  Plusieurs personnes ont réussi leur vie sans recevoir un diplôme d’études secondaires…

Je me questionne donc à savoir comment le système d’éducation actuel pourrait s’adapter aux besoins des élèves et comment ceux-ci seront préparés pour leur monde.  Je mentionne souvent pendant mes conférences en leadership scolaire l’excellent article de Marc-André Girard intitulé « Les élèves fantômes« .  Forcé de constater qu’il y a probablement plusieurs de ces élèves dans nos écoles.  Ils écoutent bien, ils ne dérangent pas et attendent d’obtenir leur diplôme afin de commencer ce qui les passionne vraiment.  Et si l’école pouvait développer des passions et des talents en bas âge ?  Je ne dis pas ici de tout mettre aux poubelles et par exemple de se débarrasser des programmes d’études, mais il est important de revoir nos façons de faire.  Lorsqu’un programme d’étude devient une béquille pour enseigner sans réellement répondre aux besoins d’un enfant, il y a de sérieuses questions à se poser.  Quel est le but ultime de notre système éducatif ?  Je me demande souvent si le but n’est pas de préparer tous les élèves au cas ou ils voudraient aller en médecine.  En essayant de faire en sorte que tous les élèves puissent s’inscrire à tous les programmes possibles, n’avons nous pas créé un système où certains élèves se perdent et n’y trouvent plus leur compte. Il y aura un moment où ce sera possible pour une personne de suivre n’importe quelle formation pourvue qu’elle a un lien internet et peut-être une carte de crédit…  On retrouve sur la planète, une quantité imposante de CLOM (MOOC en anglais) qui sont disponible gratuitement et plusieurs le sont en français.  Nous avons donc à nous questionner sur le rôle actuel que devrait occuper le système scolaire et ce n’est pas évident.  Il existe des pistes.  En fin de semaine, la conférence de Thérèse Laferrière en contenait.  Celle-ci croit qu’un tiers du temps scolaire devrait permettre aux élèves d’être en « codesign » afin de créer et manipuler des choses.  Selon elle, être en mode « codesign c’est se soucier de l’utilité, de l’adéquation, de l’amélioration et du développement possible d’idées exprimées sous différentes formes » ce qui est à l’opposé du mode croyance.

J’aime beaucoup la vidéo suivante de Ken Robinson qui est à mon avis, la meilleure piste présentement pour donner une belle direction à notre système éducatif ;
https://www.ted.com/talks/ken_robinson_how_to_escape_education_s_death_valley?language=fr

C’est en gros le modèle des Labos créatifs que certaines écoles un peu partout sur la planète, implantent et qui permettent aux élèves une diversité des approches, de nourrir leur curiosité et de développer leur créativité.  C’est un peu aussi ce que j’avais écrit déjà dans le billet suivant.  Voici une courte visite du Labo créatif du Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska;

Évidemment, la tâche n’est pas aussi simple qu’acheter un tas de bidules et de laisser les élèves les utiliser pour développer toute sorte de projets.  Nous aurons à revoir nos façons de faire et trouver les meilleurs moyens pour encadrer les élèves.  Il nous faudra passe d’un modèle de leadership traditionnel vers un modèle de leadership renouvelé tel que l’explique si bien Raymond Vaillancourt lors du Colloque Clair2014 (29m 56s).  Celui-ci dit aussi que nous devrons passe du pouvoir à l’influence des individus.  La conférence de Benoit Petit pourra vous le confirmer.  Ceci voudra dire de faire des deuils de nos façons de faire et de faire de manière différente.  Nous ne pourrons pas nous tromper si nous le faisons pour nos élèves. Plusieurs projets entrepreneuriaux commencent à faire leurs apparitions dans les écoles et l’entrepreneuriat conscient est une autre piste à privilégier.

Il y’a beaucoup de place pour l’innovation en éducation.  À ce que je comprends, c’est à nous les pédagogues d’innover et de développer de nouvelles façons d’apprendre.  Ce sera aux chercheurs de démonter que nous sommes sur la bonne voie.  Jamais l’envie de devoir faire autrement n’a été aussi ressentie que maintenant.  Il reste à prendre une grande respiration et se lancer.  J’embarque… et vous ?

 

 

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

2 commentaires sur “Et si pour réussir, il fallait quitter l’école…”