Politique 711 sur l’alimentation et la nutrition dans les écoles… 3 ans plus tard…

Avertissement : Je supporte la politique 711 du Ministère de l’éducation du Nouveau-Brunswick et je crois que celle-ci est importante à l’école. Les commentaires sur ce billet ont comme objectif, de me préparer à la réunion spéciale de parents qui aura lieu demain soir concernant l’avenir de la cafétéria du CAHM. Les commentaires sont ceux d’une direction d’école qui vit de jour en jour, dans une école… pas de panique…S.V.P…
Depuis trois ans, le ministère de l’éducation du Nouveau-Brunswick a implanté une politique alimentaire en matière d’alimentation plus saine(Politique 711). Bien avant son implantation en octobre 1995, le menu de la cafétéria du CAHM reflétait cette tendance et les aliments à faible valeur nutritive avaient été enlevés. L’an dernier, plusieurs problèmes ont amenés une fermeture précoce de ce service et un appel d’offre a été lancé durant l’été pour trouver un fournisseur externe afin de pouvoir continuer ce service. En partant, il est important de réaliser qu’au Nouveau-Brunswick, les écoles n’ont pas à offrir un service de cafétéria, qu’aucun budget n’est directement relié à ce service et que si une cafétéria connait des difficultés financières, aucune aide n’est offerte. Il va s’en dire qu’aucun fournisseur n’a présenté de soumissions et que je crois qu’à moins de demander un montant comparable à celui des restaurants, il n’y ait que des organisations altruistes qui pourraient se risquer dans ce domaine. Il faut dire que notre population étudiante, de plus en plus petite (222 élèves cette année), n’aide pas et que le coût des aliments peut aussi inclure des frais de transport plus élevés dans notre région.
En janvier 2008, la cafétéria du CAHM affichait un déficit accumulé de plus de 6000 $ et à la lumière de l’information reçue concernant toute aide externe possible inexistante, il fallait prendre des décisions importantes. Nous avons mis à pied une cuisinière et changé considérablement le menu. Il est épatant de constater que les journées où il y avait de la pizza offerte, plus de 200 élèves mangeaient alors que la moyenne générale se situait aux alentours de 140 à 150 repas servis. Cette année, nous avons 20 élèves en moins. Si on fait le calcul à 3.75 $, par jour pour 20 élèves pendant une année scolaire, nous aurions un manque à gagner de près de 13 500$…seulement pour ces 20 élèves en moins… Même s’il y a moins d’élèves, il faut quand même embaucher le même nombre de cuisinières. J’évalue à 1.60 $ la partie du prix du repas qui couvre les salaires et les bénéfices marginaux des employés. Le reste de l’argent 2.15 $, est utilisé pour mettre entre les mains des élèves, une pleine assiette, une soupe, un breuvage et un dessert à valeur alimentaire moyenne ou maximale. Les aliments à faible valeur nutritive étant exclus de la politique. Je ne sais pas si vous avec remarqué, mais depuis quelques années, le coût des aliments a augmenté et avec 2.15 $ je me demande souvent par quel miracle, nos cuisinières pouvaient y arriver.
Je crois que les problèmes que nous rencontrons sont normaux et qu’il est possible de trouver des solutions. En général, ces difficultés sont dues à :
1- La politique 711 qui oblige les cafétéria a offrir des aliments à valeur nutritive moyenne ou maximale qui coûtent plus chers.
2- L’essoufflement du comité de cafétéria formé de moi-même et de 2 autres bénévoles avec les multiples tâches pour administrer celle-ci.
3- Le changement dans l’attitude de la communauté envers le menu actuel.
4- La hausse fulgurante des prix des aliments.
5- Une mauvaise publicité de la part de certaines personnes qui n’aiment pas certains aliments et la manière qu’ils sont apprêtés.
6- Autres ???
Personnellement, je surveille à la cafétéria à tous les jours et je remarque depuis quelques mois que de plus en plus d’élèves apportent des repas de la maison et que ces repas sont de qualité minimale. Je vois de plus en plus de croustilles, de repas minutes, de « kit » pour faire des pizzas et des nouilles de type « Ramens » pour ne nommer que ceux-là.
L’ironie dans tout ceci, est que depuis l’implantation de la Politique 711, de moins en moins d’élèves qui avaient l’habitude de bien manger à la cafétéria, utilisent le service et que de plus en plus de nourriture à faible valeur nutritive arrive à l’école.
Avoir une cafétéria est une chose, la supporter et l’encourager en est une autre. Si celle-ci renait cette année, il faudra que la communauté toute entière la supporte et utilise le service. Devrions-nous développer un comité mieux structuré ? Devrions-nous s’allier au privé ? Devrions nous accepter que notre école n’offre plus ce service. Ce sont des questions que nous tenterons de répondre lors de la réunion de demain soir.
Aujourd’hui, j’ai reçu une lettre du Comité Consultatif de santé du district scolaire 3 (CCSD) où on pouvait lire : « …au cours de l’année scolaire 2007-2008 nous avons noté qu’il vous reste seulement quelques petites particularités à modifier afin de vous rendre conforme aux exigences de cette politique… « . J’ai eu l’impression que nous n’en faisons jamais assez et j’ai eu littéralement l’envie de me retirer de ce dossier. J’ai fais parvenir ma réaction au comité en les invitants à assister à la rencontre de demain soir.
L’an dernier, certaines personnes de la communauté ont fait le commentaire que si nous aurions moins d’ordinateurs, nous aurions plus de fonds pour la cafétéria. J’ai envoyé une lettre (voir page 2 du Bulletin du CAHM du mois de mai 2008) pour exprimer ma déception et pour expliquer que ces fonds ne sont pas compatibles avec le service de cafétéria et que si nous n’aurions pas eu ces projets spéciaux, une autre école les aurait eu à notre place. Ce n’est pas toujours facile d’expliquer et de faire comprendre. J’avais aussi envoyé deux lettres importantes aux parents en décembre 2007 et en février 2008.
La politique 711 élabore un cadre pour offrir des services de cafétéria dans les écoles mais ne donne aucune ressource pour y arriver. C’est un peu comme dire aux conducteurs de voitures qu’ils doivent changer leur moteur pour fonctionner à l’électricité et qu’ils devront payer eux-même pour la transformation du moteur…sans aide financière… Est-ce que l’industrie du camionnage, les fermiers et les services de transports pourraient absorber facilement cette transformation ?
Demain, nous aurons l’occasion de discuter afin de trouver des solutions. Mon désir d’offrir ce service aux élèves est plus grand que jamais… Il faudra décider à quel prix… selon nos moyens…

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3 commentaires sur “Politique 711 sur l’alimentation et la nutrition dans les écoles… 3 ans plus tard…”