L’innovation selon Gauvin (2005)

À la demande de Mme Evelyne Melloni, je réponds aux questions suivantes dans le but de compléter sa recherche sur l’innovation dans le milieu scolaire.

1- Pour vous qu’est-ce que l’innovation ?

L’innovation est tout ce qui touche aux nouvelles façons d’utiliser les outils que l’on a à notre disposition. C’est aussi un moyen de développer de nouveaux outils pour faire ce qu’on faisait avant ou encore pour faire de nouvelles choses.
Plus particulièrement en éducation, l’innovation est tout ce qui amène l’enseignant à se questionner sur ses pratiques pédagogiques. L’enseignant qui veut innover recherche le besoin de s’améliorer et d’améliorer du même coup les apprentissages des élèves. On essaie de motiver et de rendre plus significatif les apprentissages avec peut-être moins d’efforts et plus de pertinence.
2- Quels sont les enjeux ?
Pour innover, le contexte de la culture au sein de l’organisation est la clé du succès. Si les gens sont ouverts aux changements et intrigués par tout ce qui est innovant, les chances de succès seront plus grandes. Par contre innover peut amener beaucoup de conflits et de tensions. Certaines personnes peuvent se sentir menacées. Souvent, on se demande si tous doivent faire tout en même temps. Le climat autour de tout ce qui cadre l’organisation est aussi important. Ainsi une école fonctionne dans un district scolaire régit par des lois provinciales. Si l’innovation est encouragée et que la prise de risque est acceptée, il se peut que l’innovation se fasse plus facilement
3- Quelles sont les motivations et les résistances des enseignants à innover ?
En général, les enseignants innovent pour améliorer les apprentissages et pour motiver les élèves. Les enseignants savent que des élèves plus motivés auront plus de chance à mieux apprendre. Ce n’est pas toujours le cas et une connaissance des programmes d’étude est vitale. Par contre, les enseignants accepteront de changer leurs pratiques s’ils croient réellement qu’ils en retireront des bénéfices. Certains enseignants innovent sans trop savoir pourquoi ou encore pour suivre une mode. Il arrive souvent que ces enseignants réalisent par la suite les implications de ces innovations et qu’ils s’en réjouissent ou encore qu’ils les abandonnent en pensant que cela cause plus de mal que de bien.
4- Quels facteurs sont en jeu dans la construction de pratiques innovantes ?
Pour amener une organisation à concevoir des pratiques innovantes, il faut éliminer la peur du risque. Plusieurs auteurs dont Fullan et Patterson abondent dans ce sens. Il faut aussi encourager ceux et celles qui innovent en leur procurant les outils pour y arriver. Je ne parle pas ici de récompenser ces personnes. Leur récompense sera de savoir que leurs élèves sont plus motivés et qu’ils apprennent plus. Je parle ici de donner les moyens afin de mettre des pratiques innovantes dans leurs pratiques de leur pédagogie. Le CAHM est une école qui s’est dotée d’une mission et d’une vision avec un volet technologique. L’école adopte plusieurs approches pour l’intégration des TIC en salle de classe. La mission et la vision font en sorte que les gens ont plus de chance à se rallier autour de ces projets. Il faut aussi respecter le niveau d’engagement des individus. Il est impossible que chaque personne puisse faire tout et en même temps. Le respect de cette caractéristique est nécessaire. On encourage donc les gens à progresser mais à leur rythme. Il est important d’avoir des personnes ressources qui peuvent aussi aider en chemin. Cela n’est pas toujours évident avec des ressources matérielles et financières limitées. Les écoles innovantes trouvent le temps et les ressources pour arriver à leur but. Par le passé, les projets « Rescol à la Source » et le « Réseau des Écoles innovatrices d’Industrie Canada » permettaient d’aller chercher ces ressources. Présentement, les projets de cette envergure sont au point mort…Malheureusement…
5- Comment susciter l’innovation ?
Au point de vue d’un directeur d’école, pour innover, il faut tout simplement encourager l’innovation. Être à la fine pointe de ce qui se fait et ne pas avoir peur d’essayer de nouvelles approches. Il est alors possible de rencontrer des gens et de leur proposer de lire un article ou d’essayer un nouveau programme. On donne et on attend…La magie de l’innovation se passe quand une personne revient après un certain temps et nous annonce qu’il ou qu’elle va l’utiliser dans ses pratiques pédagogiques ou encore que les élèves ont rapidement pris en main l’outil. Les gens veulent une école dynamique et qui répond aux attentes des élèves et de la communauté. Innover c’est aussi un peu cela.
6- Comment massifier les usages ?
Pour massifier les usages on doit se demander si ces usages doivent être massifiés. Il se peut qu’à la longue un usage devienne une norme ou encore qu’il répond à un groupe d’élèves en particulier. Je serai donc prudent de parler de l’importance de massifier les usages et d’en promouvoir les vertues. Par contre, il existe dans toute organisation une pression palpable qui fait que les gens ont tendance à adhérer quand certaines innovations ont faites leur preuves, que les clients (élèves, parents et communauté) en font la demande et quand les gens réalisent que c’est tout simplement la bonne chose à faire.
En terminant, l’innovation dans une organisation dépend du capital humain, du capital financier et d’une vision commune. Je suis chanceux de travailler au CAHM pour ces trois raisons. Les gens s’investissent selon leurs talents, leurs intérêts et leurs capacités. Nous avons eu la chance d’obtenir des ressources financières qui nous permettent d’offrir un programme riche et varié. Nous avons aussi adopté ensemble, une mission et une vision commune qui sert de repère avec l’utilisation d’innovation dans l’organisation.
Chanceux peut-être, heureux…certainement !!!

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