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Nos cybercarnets pour améliorer les apprentissages


Depuis quelques semaines, nous avons à l’école un projet de cybercarnets. Pierre-Luc Long un élève de 7ième année de l’école, a trouvé un site gratuit de création de cybercarnets et depuis cet instant, bon nombre d’enseignant(e)s et d’élèves ont débuté leurs premiers pas en ce domaine. Récemment, un partenariat avec le Conseil National de Recherche du Canada et l’école nous permettait de mettre en ligne un système propre pour l’école. Ce changement était nécessaire pour que les élèves puissent utiliser les cybercarnets sans publicité et pour résoudre les problèmes d’utilisation.
Maintenant que nous avons en place un tel système, quelle sera la prochaine étape ? Je m’aperçois que notre projet suscite beaucoup d’intérêt. Un peu partout en province, plusieurs personnes suivent de près les développements du projet. Certains élèves tiennent à jour leur cybercarnet et d’autres l’utilisent à la demande de leur enseignent(e). Ce qui me fascine de jour en jour, c’est la facilité qu’ont les élèves à s’impliquer dans un tel projet et leur intérêt à être publié et à recevoir des commentaires. Aussi pour pouvoir y arriver, les élèves doivent écrire. C’est là selon moi la magie des cybercarnets. On peut réussir à faire écrire les élèves sur une foule de sujets et encore plus, ajouter de la pertinence à ce qu’ils écrivent. Certains diront que certains textes sont bourrés de fautes. À ceux-là, je répondrai que ça tombe bien, nous sommes une école et travailler l’écrit est un de nos domaines. Il y a des outils qui peuvent aider les élèves à mieux écrire. Lorsqu’on les placent en situation d’écriture et qu’ils doivent utiliser ces outils, nous leur rendons un grand service. Ainsi à l’Institut St Joseph de la ville de Québec, une école privée avec des d’élèves de la 5ième à la 6ième année, un protocole de travail a été développé pour aider les élèves à mieux écrire. Aussi, il est possible pour les élèves d’écrire et de faire des commentaires sur la qualité des textes qu’ils ont lus. Les élèves qui le désirent peuvent ensuite retourner et apporter les corrections nécessaires à leur texte. Avez-vous déjà essayé de demander à des élèves d’apporter des corrections sur papier ?
Ceux qui me connaissent savent que j’endosse facilement de tels projets. Un problème que nous rencontrons est la disponibilité de l’équipement. Lorsqu’on demande à beaucoup d’élèves de publier beaucoup de textes, il faut beaucoup d’ordinateurs. La salle informatique est utilisée à son maximum. Je ne vous cacherai pas que l’annonce récente dans les médias d’un projet pour que les élèves de la 7ieme année du N.-B. puissent avoir accès en tout temps à un ordinateur portable m’enchante au plus haut point.
L’an dernier, j’ai eu la chance de faire partie d’une mission du Premier Ministre du Nouveau-Brunswick, pour me rendre à Augusta au Maine afin de voir de mes yeux deux écoles où tous les élèves de 7ième année avaient un portable. J’ai tout simplement été impressionné.
Au Centre d’apprentissage du Haut-Madawaska, nous avons développé un excellent réseau d’élèves-experts et les enseignants utilisent la technologie en salle de classe. Par contre nous n’avons pas les mêmes moyens que les écoles que j’ai visitées au Maine. J’ai vu des élèves travailler en équipe qui s’échangeaient littéralement des portables, qui se corrigeaient et qui produisaient des travaux qui selon eux étaient de bien meilleure qualité qu’auparavant. Je me rappellerai toujours les commentaires d’un enseignant près de la retraite qui m’avait dit que la venue des portables avait changé complètement sa façon d’enseigner. Au départ, bien que septique, cet enseignant a essayé de poser toutes sortes de questions à ses élèves. Il y en avait toujours un qui trouvait de l’information ou une réponse exacte sur le web ou avec leur encyclopédie intégrée. Tout d’un coup, le savoir n’était plus limité à un livre mais à des millions de sources.
Certains diront qu’il existe beaucoup plus de sites anglophones que francophones. C’est vrai. C’est aussi le cas pour les manuels scolaires non ? Le problème de l’accessibilité en tout temps demeure je crois, le plus grand défi pour nos élèves. Je sais qu’avec le temps il sera possible de trouver des solutions. L’informatique est là pour rester. Attendre plus longtemps n’est pas rendre service aux élèves.
Je lisais le « Telegraph Journal » hier et un correspondant David Lutz, citait Gary Sanger qui disait que « Les enfants ont besoin de bien meilleurs ordinateurs que les adultes. Ce qu’ils font avec les ordinateurs est bien plus complexe et demande plus de puissance que ce qu’on à l’habitude de faire au bureau ».p.D7
Lutz croit aussi que ceux qui croient que les élèves n’ont pas besoin d’ordinateurs portables « ne pensent pas au futur et à leur meilleur intérêt ». Selon lui il n’y a pas eu de plus grand bouleversement dans nos vies que la venue des ordinateurs personnels et de l’internet.
Bonne réflexion !!!
Roberto Gauvin, directeur